La Grande Assemblée Missionnaire (GAM) avait lieu du 15 au 17 septembre 2026, au Mont-Sainte-Anne, Beaupré.
Grande, l’assemblée l’était par le nombre de participants et de participantes: environ 250 personnes. Grande, elle l’était aussi par la provenance de ceux-ci, venus de tous les diocèses du Québec. Grande, elle l’était également pour ce que, en langage d’étude de la société ou de son sondage, on appellerait l’échantillonnage: toutes les composantes de l’Église catholique au Québec étaient représentées. Je veux parler des laïques, des diacres permanents, des prêtres et des évêques, alors que, tenez-vous bien, c’était une rencontre de l’Assemblée des Évêques Catholiques du Québec (AECQ).
C’était la première fois qu’une telle assemblée regroupait d’autres personnes que des évêques. De surcroît, les participants et participantes représentaient toutes les catégories de services qui font vivre nos communautés ecclésiales diocésaines: les vicaires généraux, les chanceliers et chancelières, les économes hommes et femmes, les agents et agentes de pastorale à tous les niveaux, et j’en passe. Pourquoi donc cet élargissement du cercle des participants et participantes?
La raison, me semble-t-il, est toute simple. Elle réside dans l’enjeu de la mission aujourd’hui et dans l’ambition de toute l’Église au Québec, de passer à l’action, pour être ce qu’elle est fondamentalement et qu’elle doit raviver sans cesse: une Église-Mission, une Église-Missionnaire. De ce point de vue, ce n’est vraiment pas une première. En effet, comme l’a rappelé M. Bruno Demers, qui a situé cette Grande Assemblée Missionnaire dans l’histoire des assemblées de l’AECQ, beaucoup d’autres ont eu lieu au Québec et ont produit de beaux documents. Signalons-en quelques-uns parmi ceux que le conférencier a mentionnés: «Écouter notre monde pour annoncer l’Évangile» (2024), «Journal de bord de la démarche synodale québécoise» (2023).
Le prêtre missionnaire que je suis se permet de mentionner ceux qui l’ont inspiré dans sa mission au service de l’Église ici et maintenant. C’était et ça continue d’être pour moi des manuels: «Oser! Outils d’animation pour une conversion missionnaire en formation à la vie chrétienne» (2019); «Une Église en sortie – La dimension sociale de l’évangélisation» (2018), «Le tournant missionnaire des communautés chrétiennes – Devenir une ‘’Église en sortie’’ à la suite de La joie de l’Évangile» (2016); «Risquer l’avenir: bilan d’enquête et prospectives» (1992), publié par la commission de recherche de l’AECQ sur les communautés; un document auquel m’a renvoyé ma lecture du livre de Pierre Goudreault, alors prêtre du diocèse de Rouyn-Noranda, Chemins d’espérance pour l’avenir de l’Église: perspectives pastorales et enjeux ecclésiologiques (2010).
Si, à la suite de la personne-ressource qui a donné la conférence dont je viens de parler, j’ai évoqué ces documents que j’ai lus et «pratiqués», ce n’est pas pour parler de moi. C’est pour mieux affirmer comment la GAM est aussi grande par sa détermination à passer à l’action, à ne pas se contenter de répéter les contenus de ces documents. De fait, ce qu’elle réalise autrement, c’est précisément d’avoir offert pendant ces trois jours, l’expérience d’une assemblée synodale, comme on en a vu pendant le Synode sur la Synodalité.
En termes d’images, je contemple encore, non sans émotion, les participants et participantes assis autour de tables rondes (ainsi que l’illustre la photo plus haut), comme c’était le cas au Vatican. Pour moi, c’est l’Église Synodale voulue par le Pape François qui se vivait en acte. Pendant ces trois jours, à travers la pratique de la «Conversation dans l’Esprit», dans la matinée comme dans l’après-midi, en petits groupes à taille variable, nous avons été initiés à la pratique du discernement ecclésial et avons vécu, de manière plus ou moins consciente, le premier pas dans la «conversion des processus décisionnels». Sans exagérer, je puis dire qu’avec cette Grande Assemblée Missionnaire, une Église Synodale, que le Pape François a appelée de tous ses vœux, est en train de naître sous nos yeux.
Pour que cette phase embryonnaire se développe; pour que ces premiers pas, comme ceux d’un enfant qui apprend à marcher ou d’un adulte en phase de rééducation, s’affermissent, la Grande Assemblée Missionnaire doit continuer; pas nécessairement en organisant des rassemblements du genre, mais surtout en vivant ce que nous avons vécu trois fois par jour: la conversation dans l’Esprit pour un discernement ecclésial, en tout ce que nous faisons, projetons, exécutons ou évaluons. Alors le reste suivra. Je dirais même qu’il suivra presque de façon naturelle. Le reste, c’est-à-dire: une Église synodale, dans «une communion qui rayonne», une «participation» sans revendication et sans lutte de pouvoir, mais dans la «coresponsabilité» – une coresponsabilité différenciée – de la mission.
Moïse Adéniran Adékambi – Prêtre missionnaire