Archidiocèse

La cathédrale

La cathédrale Saint-Germain de Rimouski, cœur spirituel de notre diocèse, un lieu de prière, de rassemblement et de foi, où l’histoire et la tradition se rencontrent pour nourrir l’âme et renforcer notre communauté chrétienne.

La cathédrale Saint-Germain de Rimouski, joyau architectural du diocèse, se distingue par sa son architecture gothique, qui témoigne de l’histoire et de la foi de notre communauté. Érigée au XIXe siècle, elle a traversé les époques, devenant un symbole de la présence de l’Église dans la région. Son imposant orgue, véritable trésor sonore, résonne encore aujourd’hui lors des célébrations liturgiques et des concerts. Plus qu’un lieu de culte, la cathédrale Saint-Germain demeure un centre spirituel vivant, où les fidèles se rassemblent pour prier, célébrer les sacrements et vivre la communion dans la foi chrétienne. Elle continue ainsi de jouer un rôle central dans la vie du diocèse, alliant tradition et accueil pour tous.

L’histoire cocasse du patronyme

La cathédrale et le diocèse de Rimouski sont placés sous le patronage de saint Germain de Paris. Le choix de saint Germain tient au fait que le père du premier seigneur résidant de Rimouski, René Lepage (1696), se prénommait Germain.

À l’origine toutefois, les habitants de Rimouski avaient plutôt choisi saint Germain d’Auxerre pour leur saint patron, car Germain Lepage était né à Notre-Dame d’Ouenne, dans le diocèse d’Auxerre, en France. C’est ce qui explique la présence, dans la cathédrale de Rimouski, dédiée à saint Germain de Paris, d’une toile représentant saint Germain d’Auxerre.

Cependant, lorsque l’archevêque de Québec, Mgr Bernard-Claude Panet, érigea canoniquement la paroisse de Rimouski en 1829, il préféra lui donner pour titulaire saint Germain de Paris. Il aurait estimé que Germain de Paris (496-576), de modeste origine, bon, pieux, zélé et charitable, convenait mieux aux paroissiens de Rimouski que Germain d’Auxerre (380-448), d’origine très illustre, noble patricien, avocat et farouche chasseur, devenus aussi célèbres l’un que l’autre par leur sainteté et l’éclat de leurs miracles. C’est ce qui expliquerait le choix de saint Germain de Paris comme patron du diocèse de Rimouski.

 

Tableau de saint Germain d’Auxerre recevant le vœu de virginité de sainte Geneviève, bergère âgée de dix ans et lui remettant une médaille d’airain timbrée d’une croix, gage de sa consécration à Dieu. Cette toile, d’un auteur inconnu, date de 1738.

 

L’architecture

La cathédrale Saint-Germain de Rimouski, construite entre 1854 et 1859, avant même d’être cathédrale, reprenait généralement les formes de la cathédrale L’Assomption de Marie de Trois-Rivières dont les travaux de construction avaient été amorcés en 1854. L’église appartient au mouvement néo-gothique. L’architecte en est Victor Bourgeau.

À Rimouski, l’église, qui devait devenir cathédrale en 1867, est longue et massive. Ses murs latéraux sont appuyés de contreforts entre lesquels s’insèrent des fenêtres ogivales dont certaines enjolivées de vitraux. La tour du clocher qui sert de porche donne à l’église son élan vertical, et regroupe une grande partie de l’ornementation de la façade. « L’architecture de l’édifice est néogothique, style qui emprunte librement aux formes de l’architecture médiévale. L’extérieur assez dépouillé laisse paraître l’influence gothique par les fenêtres à arc brisé, les contreforts, les pinacles et les toits à pente raide; l’intérieur est néogothique par l’omniprésence des arcs brisés et par le plafond imitant des voûtes sur croisée d’ogives » (En coll. Les promenades historiques de Rimouski. Rimouski, Office du tourisme et des congrès de Rimouski / Société Joseph-Gaudreau pour le patrimoine, 1993. 88 p. ill. Cf. p. 25-26).

Au XIXsiècle, l’Église considérait que l’essentiel de l’ornementation devait être concentré à l’intérieur, par opposition au dépouillement des temples protestants. Victor Bourgeau fournit donc à la paroisse Saint-Germain les plans nécessaires à une ornementation polychrome et fournie; mais nous n’avons aucune preuve aujourd’hui que cette décoration ait été exécutée.

Victor Bourgeau, l’architecte, (1809-1888) est issu d’une famille d’artisans du bois. Il est né à Lavaltrie, village situé à proximité de Montréal. Durant la première partie de sa carrière, il fait partie d’une équipe itinérante de sculpteurs sur bois chargés de l’ornementation intérieure des églises de la région montréalaise. Sa réputation dépasse les frontières du diocèse de Montréal et d’autres diocèses lui passent aussi commande. En 1850, il entreprend une carrière d’architecte au cours de laquelle il exécutera les plans d’environ 250 églises, chapelles, presbytères, couvents, collèges et asiles dont la plupart existent encore aujourd’hui, car ils sont bien adaptés à leur fonction et magnifiquement construits. Parmi les œuvres de Victor Bourgeau, mentionnons la cathédrale de Trois-Rivières, la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal et le décor intérieur de la basilique Notre-Dame de Montréal.

(D’après des notes de Mme Raymonde Gauthier, Ph.D., historienne de l’Architecture)

L’orgue de la cathédrale Saint-Germain

L’orgue Casavant/Guilbault-Thérien

En 1921, la fabrique Saint-Germain acquiert au coût de 25,000 $ un orgue de la maison Casavant et Frères à traction électropneumatique de cinquante-neuf jeux et quatre claviers pédalier. D’esthétique néoromantique, il fut placé à l’arrière de la cathédrale dans un jubé jusqu’en 1967, où il est par la suite déplacé dans le chœur. Lors du 150e anniversaire de la paroisse en 1979, il fut entièrement restauré et révisé par la maison Guilbault-Thérien. L’orgue a maintenant une esthétique sonore symphonique française et comporte à présent 4500 tuyaux. Il fut inauguré à nouveau le 19 novembre 1979 par l’organiste Antoine Reboulot. L’instrument compte désormais soixante-trois jeux. Il est un des plus appréciés au Québec.

La cathédrale aujourd’hui

Au XXIsiècle, la cathédrale Saint-Germain reste un lieu de culte important et un symbole de l’histoire religieuse et culturelle de Rimouski. Elle est aussi un site patrimonial cité par le Gouvernement du Québec depuis 2023 et continue d’attirer des fidèles et des visiteurs. Son architecture, ses quelques vitraux et son intérieur néo-gothique en font un lieu impressionnant pour les passionnés d’histoire, d’art et d’architecture.

Outre sa fonction religieuse, la cathédrale Saint-Germain de Rimouski est également un centre de rassemblement pour la communauté locale. Elle accueille divers événements, tels que des activités culturelles. Sa situation géographique en fait un point central dans le paysage urbain de Rimouski, avec son grand clocher qui domine la ville.

La cathédrale Saint-Germain de Rimouski est donc un témoin précieux de l’histoire et du développement de la région, et elle continue d’être un lieu de foi, de culture et de patrimoine pour les générations à venir.

1. Qu’est-ce qu’une cathédrale ?

La cathédrale est l’église mère et elle occupe une place centrale parmi toutes les églises du diocèse. Elle se distingue par la présence de la cathèdre, le siège de l’évêque du lieu qui symbolise son autorité et son rôle de pasteur. L’église-cathédrale est donc le lieu privilégié où l’évêque exerce le «service de la communauté». Elle est le cœur de la vie liturgique du diocèse (Cérémonial des Évêques, no 44).

2. Qu’est-ce que la cathèdre ?

Le mot cathèdre, du grec ancien καθέδρα (kathedra), signifie siège. Bien plus que le simple siège physique utilisé par l’évêque lors des liturgies dans la cathédrale, la cathèdre revêt aussi une importance symbolique. Elle est le la représentation par excellence des trois fonctions de l’évêque : l’enseignement, la sanctification et le gouvernement (Lumen Gentium 25-27). Traditionnellement, l’évêque prêche assis à la cathèdre, symbolisant sa fonction la plus importante : l’enseignement (son magistère). Il sera aussi assis à la cathèdre lors de certains rites liturgiques, symbolisant sa fonction de sanctification et de gouvernement. L’évêque qui siège en cathèdre manifeste son rôle de guide spirituel et de chef de la communauté. La cathèdre est également un symbole de l’unité de l’Église puisque l’évêque, à travers cette autorité, assure la communion avec le Saint-Siège (la papauté) et l’ensemble de l’Église catholique.

«Quelle joie quand on m’a dit : “Nous irons à la maison du Seigneur !”»

Psaume 121 (122), 1.