La position de l’Église catholique sur l’euthanasie, ou aide médicale à mourir, est ferme et défavorable, en cohérence avec ses enseignements sur la dignité de la vie humaine. Cela s’applique aussi au Canada, où ces questions sont particulièrement pertinentes compte tenu des lois et des débats en cours, surtout en ce qui a trait à l’élargissement toujours plus grandissant et inquiétant de cette pratique. Voici un aperçu de la position de l’Église catholique au Canada sur ces questions ainsi que des alternatives offertes.
En opposition à l’euthanasie: L’Église catholique au Canada est opposée à l’euthanasie (aide médicale à mourir). Elle considère que ces pratiques vont à l’encontre des principes moraux fondamentaux concernant le respect de la vie. L’Église catholique enseigne que la vie humaine est sacrée et doit être respectée de la conception à la mort naturelle. Selon cet enseignement, l’euthanasie et l’aide médicale à mourir sont contraires à la dignité humaine car elles impliquent la fin délibérée de la vie.
Déclarations des autorités religieuses : La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), a publiquement exprimé son opposition à ces pratiques. Elle affirme que la légalisation de l’euthanasie pose des risques importants pour les personnes vulnérables et pour la société dans son ensemble.
Engagement pour les soins palliatifs : L’Église catholique au Canada plaide pour le développement et l’amélioration des soins palliatifs afin de fournir un soutien approprié aux personnes en fin de vie. Elle soutient les initiatives visant à offrir des soins qui respectent la dignité des patients sans recourir à des moyens qui mettraient fin prématurément à leur vie.
Les soins palliatifs sont des soins spécialisés qui visent à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies graves ou terminales. L’objectif est de soulager la douleur physique, émotionnelle et spirituelle, sans chercher à provoquer la mort.
L’Église soutient pleinement le recours aux soins palliatifs, car ils respectent la dignité de la personne en fin de vie. Ces soins permettent de soulager la souffrance sans hâter la mort et permettent à la personne de vivre ses derniers moments avec dignité. Ils incluent aussi un accompagnement spirituel pour aider la personne à trouver un sens à sa souffrance dans l’union avec le Christ.
L’accompagnement spirituel consiste à soutenir la personne dans sa dimension religieuse et morale, notamment par la prière, les sacrements et le soutien des proches. Cela comprend les sacrements comme l’onction des malades, la confession et la communion).
L’Église encourage les croyants à recevoir les sacrements lorsqu’ils sont en fin de vie. Ces rites sont une source de réconfort et d’espérance, renforçant la foi et permettant d’affronter la mort avec sérénité. L’accompagnement spirituel inclut également le soutien aux proches et à la famille de la personne malade, en leur offrant des ressources émotionnelles et spirituelles pour traverser cette épreuve.
La souffrance est vue comme un mystère profondément lié à la condition humaine et à l’expérience du Christ lui-même. La souffrance n’est pas perçue comme un mal en soi, mais comme un moyen de se rapprocher du Christ, qui a souffert pour le salut de l’humanité. En réponse à l’euthanasie, l’Église enseigne que la souffrance doit être accompagnée avec compassion et respect, mais elle rejette l’idée que la souffrance humaine peut être éliminée par la mort volontaire. L’Église promeut la dignité de chaque vie, même dans la souffrance, et considère la douleur comme un moyen de participer à la souffrance du Christ, une voie potentielle de purification et de sanctification. Elle ne dit pas non plus d’abandonner une personne à la souffrance et encourage les soins de confort.
Saint Paul, dans ses lettres, parle de la souffrance comme ayant une valeur rédemptrice. Par exemple, dans sa lettre aux Colossiens (1,24), il écrit : « Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. » Cette vision de la souffrance est un appel à comprendre que la souffrance humaine peut avoir un sens, un but divin, lorsqu’elle est unie à celle du Christ. Saint Paul enseigne que la souffrance, lorsqu’elle est vécue avec foi et dans l’unité du corps mystique du Christ, peut devenir un moyen de transformation spirituelle et de témoignage de l’amour de Dieu.
L’Église invite donc les croyants à ne pas fuir la souffrance ou à y voir uniquement un mal, mais à la vivre comme une opportunité de croissance spirituelle, de solidarité avec ceux qui souffrent et d’union avec le Christ dans sa Passion. Cette perspective rejette l’idée de l’euthanasie, qui chercherait à échapper à la souffrance par la mort, et encourage plutôt un accompagnement respectueux et aimant des personnes en fin de vie.
L’Église reconnaît le respect de l’autonomie personnelle, mais ce respect est encadré par la préservation de la vie humaine. Ainsi, une personne ne doit pas choisir la mort volontairement, mais l’Église accepte que la personne puisse décider de ne pas poursuivre des traitements médicaux excessifs ou disproportionnés, qui ne servent plus à guérir mais seulement à prolonger la souffrance de manière inutile.
L’Église enseigne que, dans certains cas, il est moralement acceptable de renoncer à des traitements médicaux extraordinaires ou disproportionnés. Cependant, cela ne signifie pas un choix actif pour la mort, mais un respect du processus naturel de la mort, lorsque les traitements sont devenus inutiles et contre-productifs. C’est en réponse aussi à l’acharnement thérapeutique.
L’accompagnement des proches, ainsi que le soutien de la communauté chrétienne, est essentiel pour faire face aux derniers moments de la vie. Cela inclut les visites, l’écoute, et la présence constante de la famille, des amis et des membres de la communauté chrétienne.
L’Église insiste sur l’importance de l’accompagnement communautaire et familial. La souffrance physique et émotionnelle de la personne en fin de vie peut être allégée par l’amour et le soutien des autres. L’Église appelle les chrétiens à être des témoins d’amour et de compassion, en soutenant la personne malade dans sa souffrance et en l’aidant à se préparer spirituellement à la rencontre avec Dieu.
L’utilisation de médicaments pour soulager la douleur est une alternative acceptée par l’Église, tant que l’intention n’est pas de causer la mort. Les médicaments peuvent être utilisés pour traiter la douleur physique, parfois jusqu’à des doses importantes, tout en maintenant la conscience de l’intention morale.
L’Église permet l’utilisation de médicaments analgésiques pour soulager la douleur, même si cela raccourcit la vie dans certains cas, tant que l’intention reste de soulager la souffrance et non de provoquer la mort. Cette pratique est considérée comme moralement acceptable, car elle n’a pas pour objectif d’abréger la vie, mais d’accompagner le malade dans sa souffrance.
Voici quelques réponses à des questions souvent posées au sujet de l’euthanasie (l’aide médicale à mourir) dans l’Église catholique.
Non. L’Église catholique rejette l’euthanasie, aussi appelée aide médicale à mourir. L’Église considère que la vie humaine est un don sacré de Dieu et que seul Dieu a autorité pour disposer de la vie. L’Église enseigne que l’euthanasie est un acte moralement inacceptable, car il va à l’encontre du commandement de Dieu de ne pas tuer et de la dignité inhérente à chaque personne humaine, même dans la souffrance.
L’Église reconnaît la souffrance comme une réalité difficile et douloureuse, cependant elle croit que la souffrance peut avoir un sens profond lorsqu’elle est vécue dans l’union avec le Christ. Selon l’enseignement catholique, la souffrance humaine, bien qu’elle soit un mal dans le monde, peut être un moyen de purification spirituelle et de sanctification. Plutôt que de chercher à échapper à la souffrance par la mort, l’Église encourage les croyants à accepter et à offrir leur souffrance en communion avec celle du Christ, qui a souffert pour le salut de l’humanité.
L’Église reconnaît que la douleur insupportable peut accompagner la fin de la vie, et elle soutient l’utilisation des soins palliatifs pour soulager la souffrance. Les soins palliatifs visent à offrir une prise en charge totale de la personne, soulageant la douleur physique, émotionnelle et spirituelle sans précipiter la mort. L’Église considère que cela est moralement acceptable, tant que l’intention n’est pas de provoquer la mort, mais de soulager la souffrance.
L’Église invite à une approche d’accompagnement pastoral et spirituel. Il est essentiel de répondre avec compassion, d’écouter les besoins et les peurs de la personne, et de l’aider à trouver un sens à sa souffrance dans la foi. Les sacrements, notamment la réconciliation et l’onction des malades, peuvent apporter réconfort et soutien spirituel. L’accompagnement doit être centré sur la dignité de la personne, en lui offrant une présence chrétienne et un soutien tout au long de son parcours de souffrance.
L’Église ne dit pas que la souffrance en elle-même est une condition pour aller au paradis, mais elle enseigne que la souffrance, vécue dans la foi et l’union avec le Christ, peut avoir une valeur rédemptrice. La souffrance humaine, lorsqu’elle est vécue avec amour et en acceptant le plan de Dieu, devient une participation à la souffrance du Christ pour le salut de l’humanité. Saint Paul Apôtre, dans ses épîtres, parle de cette notion, affirmant que « nous complétons en notre chair ce qui manque aux souffrances du Christ » (Colossiens 1, 24).
De nombreux saints ont parlé de la souffrance comme d’un moyen d’approfondir leur relation avec Dieu. Par exemple, saint Jean-Paul II, lui qui a grandement souffert à la fin de sa vie, dans son enseignement, a souligné que la souffrance peut devenir un chemin de sanctification lorsqu’elle est unie à celle du Christ. Saint Paul Apôtre, dans ses lettres, nous montre que la souffrance peut devenir une source de grâce lorsqu’elle est vécue avec foi et espérance. Sainte Thérèse de Lisieux, par exemple, malgré son jeune âge a vu dans sa propre souffrance extrême une occasion de se rapprocher du Christ et d’offrir sa vie en sacrifice pour le bien de l’Église et des âmes. L’Église enseigne que la souffrance, bien qu’elle soit un mal dans le monde, peut avoir un sens profond lorsqu’elle est vécue avec foi, dans l’espérance et en union avec la souffrance rédemptrice du Christ.
L’Église enseigne qu’il est moralement acceptable de renoncer à des traitements médicaux qui sont disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent (acharnement thérapeutique), en particulier lorsqu’ils prolongent inutilement la souffrance. Toutefois, cela ne doit pas être confondu avec un acte d’euthanasie. L’objectif n’est pas de provoquer la mort, mais de permettre à la personne de mourir de façon naturelle, en recevant les soins qui sont dus à sa dignité, y compris les soins palliatifs.
Oui. L’Église permet l’usage de traitements médicaux pour soulager la douleur, même si cela peut avoir pour effet secondaire de raccourcir la vie, tant que l’intention n’est pas de tuer la personne. Cela inclut l’utilisation des soins palliatifs et des médicaments analgésiques pour soulager la souffrance. L’Église enseigne que l’intention doit toujours être de soulager la douleur et non de provoquer la mort.
Non. L’Église n’est pas d’accord avec l’idée que la personne puisse choisir de mettre fin à sa vie si elle souffre d’une maladie incurable. L’Église affirme que la souffrance, bien qu’elle soit difficile, peut être vécue avec un sens chrétien si elle est offerte dans l’union avec la souffrance du Christ. L’Église promeut plutôt un accompagnement compatissant, qui respecte la dignité de la personne jusqu’à la fin de sa vie naturelle.
L’Église soutient pleinement les soins palliatifs, qui visent à soulager la douleur et à offrir un accompagnement humain et spirituel aux personnes en fin de vie. Les soins palliatifs ne cherchent pas à provoquer la mort, mais à soulager les souffrances physiques, émotionnelles et spirituelles. L’Église encourage leur développement et leur accès, afin que les personnes puissent vivre leurs derniers moments dans la dignité et la paix.
L’Église enseigne que la souffrance, bien qu’injuste et douloureuse, peut être un moyen de sanctification si elle est vécue dans l’union avec le Christ. Jésus lui-même a souffert et est mort pour le salut du monde, et l’Église croit que les chrétiens peuvent participer à la rédemption du monde en offrant leurs souffrances avec Lui. La souffrance, vécue avec foi et dans l’espérance, peut ainsi avoir un sens et mener à une transformation spirituelle.
L’enseignement de l’Église est très clair et ne permet pas d’exception en matière d’euthanasie ou d’aide médicale à mourir. Toutefois, l’Église reconnaît qu’il existe des situations complexes dans lesquelles les décisions médicales doivent être prises avec discernement, comme dans le cas de traitements médicaux disproportionnés ou excessifs qui ne visent plus à guérir, mais seulement à prolonger la souffrance de manière inutile. Dans ces cas, il peut être moralement acceptable de suspendre les traitements, mais cela ne doit pas être un moyen de mettre fin à la vie.
Oui. L’Église reconnaît que, dans certains cas, il peut être moralement acceptable de ne pas poursuivre des traitements médicaux excessifs ou disproportionnés qui ne servent plus à guérir mais à prolonger inutilement la souffrance. Cependant, cela ne doit pas être confondu avec un acte d’euthanasie ou de suicide assisté. L’intention doit être de permettre à la personne de mourir naturellement tout en la soutenant et en la soignant jusqu’à la fin.
« Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. »
1 Corinthiens 6, 19-20