VOUS SEREZ MES TÉMOINS !


Vol. 28, no 3, mars 2004

AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO :

« Que toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur! " :
Monique Anctil, r.s. r., responsable diocésaine
Gloire et miséricorde :
Paul-Émile Vignola, ptre, répondant diocésain
Hommage à Rodrigue Boucher :
Monique Anctil, r.s. r., responsable diocésaine
Informations / Planification 2004-2005
La prière et les formes de la prière
Thérèse Caron
Le charisme de la Parole : l'enseignement
Noëlla Dubé-Proulx
Les Veilleurs !
Gabrielle Anctil, r.s.r.
Témoignage
Adrienne Blanchet

Vous pouvez lire l'ensemble des articles publiés dans ce numéro
en vous procurant la version imprimée de « Vous serez mes témoins ! ».

« Que toute langue proclame : Jésus-Christ est Seigneur! »

Émerveillé devant la richesse du mystère de l'amour de notre Dieu, saint Paul exhorte toutes créatures à proclamer que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ! (Ph 2, 11) Cette proclamation est avant tout adoration devant l'immense grandeur de l'amour manifesté en Jésus-Christ car adorer, c'est d'abord reconnaître la grandeur de notre Dieu, y adhérer et l'exalter par tout notre être : notre bouche, nos lèvres, notre cœur.

Bien sûr, il ne suffit pas de dire : « Seigneur, Seigneur, pour entrer dans le Royaume des cieux; encore faut-il faire la volonté de Dieu » (Mt 7, 21). Comme nous le dit Jésus, on ne peut dire sincèrement que Jésus est Seigneur que dans la mesure où nous désirons conformer notre vie à la sienne. Pour que notre cœur s'accorde à notre voix, il nous faut faire des choix car bien de faux dieux nous sollicitent et nous incitent à nous prosterner devant eux. Comme saint Paul nous y invite, il nous faut sans cesse refaire notre profession de foi : « Pour nous, en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père de qui tout vient et par qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous allons au Père » (1Co 8, 6).

Proclamer Jésus SEIGNEUR n'est pas seulement une courageuse prise de position face à tous ces faux seigneurs qui voudraient s'imposer. C'est d'abord et avant tout lui rendre un hommage qui n'est dû qu'à lui seul. Il est Seigneur! Saint Paul, dans sa lettre aux Philippiens, célèbre le Christ Jésus qui » ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu », comme il aurait été en droit de le faire, pour remporter ici-bas une victoire facile. Au contraire, « il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes ». Il « s'humilia plus encore, se faisant obéissant jusqu'à la mort et à la mort sur une croix! » C'est pourquoi « Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le nom qui est au-dessus de tout nom pour que tout, sur la terre et dans les cieux, s'agenouille et proclame : Jésus-Christ est Seigneur! » (Ph 2, 11)

Nul ne peut dire « Jésus est Seigneur » s'il n'est inspiré par l'Esprit Saint (1Co 12, 3). Dire à Jésus :« Tu es Seigneur! », est la plus haute confession de foi que nous puissions faire. Jésus est le seul Seigneur, mais, par grâce, il fait participer à sa seigneurie tous ceux et celles qui acceptent de partager sa situation de serviteur ici-bas. Jésus l'a clairement indiqué au moment du lavement des pieds : « Vous m'appelez Seigneur et Maître, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 13-14). Le Christ s'est mérité le titre de Seigneur, non pour s'être élevé, mais pour s'être abaissé par amour.

Le disciple de Jésus est appelé à la louange. La louange, c'est bien plus qu'une forme particulière de prière, c'est notre vocation! Mgr A. Marie de Monléon rappelle que « la grâce de Pentecôte est une grâce de prière et de louange qui fait grandir le Royaume de Dieu ». La louange qui est célébration de la puissance, de la bonté et de la beauté de Dieu est l'une des grandes caractéristiques de nos assemblées charis-matiques. Proclamer Jésus Seigneur, c'est reconnaître et confesser qui Il est véritablement.

La louange nous invite à contempler notre Dieu, à le célébrer, à le chanter, à lui rendre gloire, non plus pour ce qu'il fait, mais pour ce qu'IL EST et parce qu'IL EST. La louange véritable débouche sur l'adoration. Dans l'adoration, il n'y a plus beaucoup de paroles. On est si conscient de la présence de Dieu lui-même que les mots sont inutiles. Un des fruits de la louange est de nous rapprocher de Dieu, de nous permettre d'entrer en relation intime avec Lui. Dans une des préfaces eucharistiques, le prêtre fait monter vers Dieu cette prière : « Tu n'as pas besoin de notre louange et pourtant c'est toi qui nous inspires de te rendre grâce : nos chants n'ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi ». Il est donc important de ne pas manquer ce rendez-vous avec notre Dieu!

L'émerveillement possède cette puis-sance de développer en notre cœur la louange. Plus nous contemplerons Jésus pour ce qu'IL EST, plus nous découvrirons sa grandeur, sa puissance et sa beauté. La contemplation du Seigneur nous plonge dans l'admiration et la jubilation jaillit spontanément de notre cœur. Notre Dieu se révèle à travers ses œuvres de puissance . Rappelons-nous la réponse de Jésus aux disciples envoyés par Jean pour se rassurer sur sa véritable identité : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (Lc 7, 22-23). Et là, Jésus aurait pu ajouter : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, qu'elle éclate et que vous puissiez, dans l'émerveillement de votre cœur, proclamer et raconter les merveilles de votre Seigneur. »

Louer le Seigneur, proclamer sa seigneurie, sa victoire sur telle et telle situation peut vraiment nous aider. Nous vivons alors dans la reconnaissance qu'Il est notre Seigneur et notre Sauveur. Lorsque nous sommes dans une situation difficile, au niveau familial, professionnel ou autre, pourquoi ne pas dire à haute voix ou dans le secret de notre cœur : « Seigneur, je me place sous l'autorité de ta Croix, je me place dans ta victoire, je sais que tu es victorieux de toute chose… » C'est cela, vivre dans la seigneurie du Christ. C'est cela, par notre vie, proclamer qu'Il est Seigneur. Nous pouvons aller plus loin en consacrant à Jésus notre vie, notre travail, notre agenda, nos projets, nos loisirs… Cela nécessite la foi mais l'Esprit qui nous habite nous entraîne sur ce chemin d'un abandon confiant.

Toute l'existence de Marie s'est déroulée dans la louange et l'action de grâce. Dans son cœur, elle gardait et méditait toute chose. Se rappelant les promesses et les actions merveilleuses de son Dieu en faveur de son Peuple, reconnaissant tous les bienfaits dont elle-même a été comblée, elle laisse éclater son Magnificat. Demandons à Marie de nous aider à tourner notre regard vers le Seigneur et, nous rappelant son amour et sa fidélité, de proclamer hautement qu'Il est SEIGNEUR À LA GLOIRE DE DIEU LE PÈRE.

MONIQUE ANCTIL, r.s.r.
Responsable diocésaine

Gloire et miséricorde

Le récit de la résurrection de Lazare comporte une affirmation de Jésus qui laisse perplexe; le Seigneur réagit à l'information selon laquelle son ami n'allait pas bien : "Cette maladie ne mène pas à la mort; elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié " (Jn 11,4). On a beau savoir déjà ce que fera le Maître; on s'étonne de l'importance accordée à la gloire par quelqu'un qui se dit " doux et humble de coeur "(Mt 11,29).

Pour bien comprendre cette parole d'Évangile, sachons que la gloire de Dieu diffère largement de celle des hommes. Pour ces derniers, c'est la renommée, le prestige; elle désigne tout le clinquant dont on aime s'entourer pour attirer l'attention et briller aux yeux des autres. Pour la Bible, ce mot signifie la majesté éblouissante de Dieu et du Christ qui se manifeste à travers la Création et la Rédemption. Alors que la gloire profane relève largement de la subjectivité, la Bible se situe au plan objectif : parlant de gloire, elle désigne Dieu lui-même dans la splendeur de son Être, dans sa Puissance et dans sa Majesté.

La gloire du Père

Reprenons les mots de Jésus cités plus haut. Il déclare d'abord que cette maladie " est pour le gloire de Dieu ". Il ne se presse pas d'aller à Béthanie auprès de Lazare et de ses soeurs; il laisse courir le temps, comme à dessein. Quand lui parvient la nouvelle du décès, alors il se met en route. Ce qui s'accomplira, c'est bien plus qu'une guérison comme celle de la belle-mère de Pierre; quand Jésus rejoint Marthe, Lazare s'est éteint depuis quatre jours et " il sent déjà ". Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare; ce deuil lui crève le coeur et il ne peut retenir ses larmes. L'Amour du Maître va donc resplendir dans un éclat extraordinaire. En rappelant son ami à la vie, il " ne cherche pas sa propre Gloire, mais la Gloire de Celui qui l'a envoyé " (Jn 7,18), il ne se met pas lui-même en valeur, mais il va magnifier la Gloire de son Père. Cela ressort nettement de sa prière au tombeau : " Père, je te rends grâce de m'avoir écouté. Je savais que tu m'écoutes toujours; mais c'est à cause de tous ceux qui m'entourent que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé " (Jn 11,41-42).

En se rendant au tombeau de Lazare, Jésus agit comme le bon Berger qui court chercher la brebis en péril au bord de l'abîme. D'une voix forte, il l'appelle : "Lazare, viens dehors! " Car le vrai Pasteur connaît par son nom chacune de ses brebis et, de leur côté, elles connaissent et écoutent sa voix (Jn 10, 14.18). Jésus fait sortir Lazare; il l'amène des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie comme il nous arrachera de l'esclavage du péché à la liberté de l'Amour. Tel est bien le sens de la consigne qu'il donne aux témoins de l'événement : " Déliez-le! ", illustration de ce que fait la miséricorde au coeur de notre condition de pécheurs! Alors que le péché nous menotte et nous ligote, l'Amour de Dieu rend libre, il délie ce qui entravait notre essor. Signalons que " déliez " se dit en latin " solvite " ce qui est le verbe de l'absolution, ce pouvoir inouï remis à l'Église au soir de Pâques.

Amour de miséricorde

Le sacrement du Pardon est l'outil usuel de la miséricorde divine dans nos vies. Selon un enseignement du regretté Cardinal Journet, le premier Amour de Dieu pour l'homme aurait été un Amour de bienveillance : ce fut l'Amour de Création. Cet Amour ayant été refusé et repoussé par la créature, un deuxième Amour lui sera substitué qui sera un Amour de Miséricorde : tel est l'Amour de Rédemp-tion. " Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle" (Jn 3,16). Cet Amour de Rédemp-tion n'est pas seulement un Amour de Bienveillance, mais un Amour de Miséricorde, soit un Amour blessé qui, s'étant heurté au refus d'Adam et Ève, va se répandre dans le monde avec plus de force et d'intensité, ce que met en lumière le mot de l'Évangile : " Dieu a tant aimé le monde ".

L'histoire du Salut nous révèle un Dieu qui répond à l'ingratitude et à l'infidélité de son peuple par un surcroît de prodigalité; loin de se résigner à ses ruptures d'Alliance, il lui montre un incroyable Amour de Miséricorde, le mot le dit en clair : par cet Amour le " coeur " de Dieu daigne se pencher sur la " misère " de notre péché.

La Gloire du Seigneur nous apparaît dans un nouvel éclairage. Si elle consiste bien dans le resplendissement de l'Amour de Dieu, on découvre que la lumière de cet Amour resplendit avec d'autant plus d'éclat qu'elle brille dans la nuit de notre péché. Voilà le mystère de la Gloire : un débordement du coeur de Dieu, de sa tendresse en faveur d'une humanité dévoyée et pervertie. Saint Paul l'a bien compris, car il écrit : " Là où le péché abonde, la grâce surabonde " (Rm 5,20). Le péché qui aurait dû former l'obstacle majeur à notre communion avec Dieu, devient l'occasion pour le Seigneur de manifester sa Gloire, c'est-à-dire la toute-puissance de son Amour.

Nous percevons ici une vérité de foi qui apparaît comme une folie ou un scandale à l'esprit humain : Dieu a permis la tragédie du péché en vue de manifester sa miséricorde, ou plutôt en vue de faire éclater, à la face du monde, la grandeur et la puissance de son Amour. A ce propos, saint Augustin a dit : " Dieu a jugé meilleur de tirer un bien du mal que de ne pas permettre au mal d'exister ". A chacun d'en juger, mais il me semble que saint Paul va encore plus loin : " Dieu a enfermé toutes choses dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde " (Rm 11,32).

Être louange de gloire

Comment donc répondre à cet Amour sans mesure? Il s'agit de le glorifier, de devenir louange de Gloire par mon agir et ma personne. Pour y arriver, l'attitude fondamentale à développer sera l'ouverture et l'accueil. Le Salut se reçoit comme un don gratuit; je ne puis à aucun titre le réclamer ou l'exiger comme un dû. J'ai seulement à consentir que ce Salut m'illumine en profondeur. Je rayonnerai la gloire divine à la manière de la lune qui reflète la lumière du soleil.

Vient ensuite la reconnaissance : je mesure et je reconnais l'oeuvre de la Miséricorde accomplie chez moi. Je puis dès lors en témoigner en paroles, mais aussi par des actions et des attitudes. Car il importe de devenir aux yeux des autres la manifestation éclatante de l'Amour fou de Dieu pour nous ou, selon l'expression de saint Irénée, l'épiphanie de sa tendresse. Autour de nous, beaucoup de gens ignorent l'Évangile et n'ouvriront jamais ce livre; soyons la page d'évangile qui puisse leur révéler le visage du Seigneur.

Face à la Miséricorde divine, je serai docile; on est déjà louange de Gloire en permettant à la puissance de Dieu de s'exercer dans notre faiblesse. Saint Paul en avait une vive conscience : " Je me complais dans les faiblesses, dans les détresses et les angoisses endurées pour le Christ; car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort " (2 Co 12,10). Le Seigneur nous révèle son amour et sa tendresse lorsqu'il vient nous chercher dans notre pauvreté et nos misères. Dans le combat spirituel, n'allons jamais tabler sur nos forces et nos talents! Face à l'ennemi, nous ne faisons pas le poids! Il n'y a pas lieu d'avoir honte de nos pauvretés et de nos limites. Être sauvé, c'est justement expéri-menter sa faiblesse et s'en remettre à la miséricorde divine. L'espérance consiste à mettre sa confiance, non en soi-même, mais en Dieu qui ressuscite les morts. Comme c'est Dieu qui sauve, je me tiens devant lui dans l'attitude d'un mendiant ou du petit enfant face à son père, condition sine qua non pour avoir part à sa Gloire. Car, dans son dessein bienveillant, Dieu nous a créés pour nous associer à sa Gloire. Loin de bloquer irrémédiablement le plan divin, le péché fournit au Seigneur l'occasion de déverser sur nous dès maintenant sa Gloire qui est Miséricorde. Quelle étonnante destinée que la nôtre! Et quel Amour Dieu a pour nous!

Paul-Émile Vignola, prêtre.
Répondant diocésain.

*      *      *

Prière

Sois béni, Dieu notre Père, tu nous donnes cette pâque où ton Fils,
Maître de la Vie, s'est fait libérateur.
Par sa résurrection, nous proclamons : le Christ est vivant !
Sois béni, Christ de lumière, des ténèbres de la mort,
où nous enferme le péché,
tu fais une nuit plus claire que le jour.
Par ta résurrection, nous sommes rayonnants de joie.
Sois béni, Dieu éternel, tu as visité la mort, où se sont réjouis les saints
à qui tu as fait don de ta vie.
Par la résurrection, nous vivons à jamais pour toi.
Sois béni, Agneau de Dieu, tu fais ressusciter en nous l'amour
où se trouve le chemin qui nous conduit à la vie.
Par ta résurrection, nous te reconnaissons sur toute croix.
Sois béni, Soleil de nos vies, tu ouvres les portes du Paradis
où nous trouvons la fraternité qui pardonne tout.
Par ta résurrection, nous appelons frères, sœurs,
ceux et celles qui nous haïssent.
Sois béni, Roi du ciel et de la terre,
tu nous éclaires de la lumière du Christ
Où nous trouvons la paix et la joie, gages de notre salut.
Par ta résurrection, nous entrons dans la vie éternelle. Amen !

Hommage à Rodrigue Boucher

Membre du comité diocésain, délégué de la Région de Trois-Pistoles, décédé le 3 février 2004

Lorsqu'on m'a demandé de faire un bref hommage à Rodrigue, la Parole de Dieu qui est montée en mon cœur est celle-ci : " Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit ". De par sa profession d'agriculteur, combien de fois Rodrigue a-t-il pu méditer cette Parole et surtout, l'expérimenter dans sa propre vie ?

Au nom de tous ceux et celles pour qui tu es un époux, un père, un frère, un ami, je veux m'adresser à toi, Rodrigue. Les mots sont bien pauvres pour traduire toutes les richesses d'être et de cœur qui t'habitaient; ils ne pourraient que trahir la réalité. Je laisse donc parler mon cœur pour exprimer un peu ce que tu es, ce que tu as été pour nous. Avec le Psaume de la Création, que tu affectionnais particulièrement, je veux dire : Mon Dieu, comme tu es grand, comme tu es bon d'avoir placé Rodrigue sur notre route et de nous avoir permis de découvrir, à travers lui, des traits de ton visage.

Comme elles ont été généreuses, ces graines de foi que tu as semées ici et là par tes gestes de dévouement, ton esprit de service inlassable, tes paroles de sagesse, d'encouragement et d'espérance !

Le semeur qui jette en terre la semence éprouve en son cœur une douce satisfaction car il perçoit déjà les fleurs et les fruits. Ainsi, Rodrigue, la sérénité de ton visage et ce petit éclair de joie qui brillait dans tes yeux provenaient de cette espérance que ta mission, au sein de ta famille et de l'Église, germait tout discrètement et saurait, en temps voulu, porter de beaux fruits pour la gloire du Père.

Le semeur, jour et nuit, veille paisiblement car il croit à ce germe de vie que porte chaque grain jeté en terre. C'est ainsi qu'à travers tes nombreux engagements tu t'es donné sans compter tout en demeurant vigilant et attentif aux pousses neuves qui pouvaient surgir. Oui, jour et nuit, même au cœur des difficultés, tu as cru en cette vie plus forte que la mort. En puisant aux sources d'une vie de prière intense, de la fréquentation assidue de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie, tu as toujours su espérer contre toute espérance. Ta foi solide fut ce pilier qui t'a fait avancer joyeusement, dans un abandon confiant.

On ne peut passer sous silence, ce don remarquable d'émerveillement qui te caractérisait Rodrigue. Sans doute s'est-il développé au contact si étroit avec cette merveilleuse nature qui t'entourait et du soin que tu prenais, à chaque saison, pour préparer et ensemencer la terre afin qu'elle produise du cent pour un.

À travers une profonde vie spirituelle, tu aimais aussi les rencontres toutes simples, fraternelles. C'est à ta demande que le 24 janvier dernier, nous nous sommes réunis, les membres du chœur " Réjouis-toi! " pour communier les uns aux autres et vivre de bons moments ensemble, pour fraterniser, chanter et nous stimuler dans la mission.

J'ai eu la grâce, et je vous assure que je le considère comme une très grande grâce, de te côtoyer Rodrigue pendant plus de 22 ans, dans cette responsabilité que tu as si merveilleusement assumée, avec ton épouse Almosa, comme délégué au comité diocésain du Renouveau charismatique pour la Région de Trois-Pistoles. Rejoint dès les débuts par le Renouveau, tu as su incarner dans ta vie personnelle, familiale, paroissiale et apostolique, la grâce de Pentecôte. Tu as gardé bien vivante cette flamme qui t'animait. Quelle fidélité !

Dans le champ de ta vie, les blés étaient mûrs, prêts pour la moisson et le Seigneur est venu te cueillir.

Seigneur, nous te rendons grâce de permettre que notre frère récolte,
aujourd'hui, en bonheur éternel tout le bien qu'il a semé ici-bas.

Rodrigue, veille sur ta famille : sur Almosa, ta bien-aimée, sur tes enfants André, Francis, Éric, Isabelle, Frédéric et tes petits enfants : Pierre-Alexandre, Jordan, Joël, Myriam, Julien. Veille sur tes parents et tes amis. Veille sur nous, ta grande famille du Renouveau charismatique que tu as servi avec tellement de cœur.

Au revoir, Rodrique ! Toutes et tous, nous t'aimons !

MONIQUE ANCTIL, r.s.r.
Responsable diocésaine



INDEX de « VOUS SEREZ MES TÉMOINS ! »
RENOUVEAU | RECHERCHER | INDEX | ACCUEIL

© 2005-2007 , Diocèse de Rimouski. Tous droits réservés.