VOUS SEREZ MES TÉMOINS !


Vol. 28, no 2, décembre 2003

AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO :

Aujourd'hui… Dieu fait du neuf !
Il a habité parmi nous ! :
Paul-Émile Vignola, ptre, répondant diocésain
La Parole au milieu de nous... :
Monique Anctil, r.s. r., responsable diocésaine
Le charisme des langues :
Noëlla Dubé-Proulx
L'assemblée de prière, une école de vie dans l'Esprit :
Pierre-Yves Champfort
Le comité diocésain
Écho des groupes
Pour tous ceux et celles qui te donnent un visage…

Vous pouvez lire l'ensemble des articles publiés dans ce numéro
en vous procurant la version imprimée de « Vous serez mes témoins ! ».

La Parole au milieu de nous...

" Le Christ Jésus, lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu, mais il s'anéantit, devenant semblable aux hommes… Dieu l'a souve-rainement exalté et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom " (Ph 2, 6-7).

" Tandis qu'un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux, la Parole toute-puissante s'élança du trône royal. " (Sg 18, 14-15) Lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, Jésus, le Verbe prend chair dans le sein de la Vierge Marie pour donner à ceux et celles qui croient en lui le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Il naît dans l'humilité et le dénuement d'une crèche, image de la pauvreté de cet enfant en qui rayonne la majesté de Dieu. De simples bergers, des pauvres méprisés, sont les premiers témoins de l'événement et c'est à eux et par eux que Dieu annonce la " grande joie ", la Bonne Nouvelle : " Aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " (Lc 2, 11-12) C'est dans cette pauvreté que se manifeste la gloire du ciel que l'Église célèbre joyeusement :

La Vierge aujourd'hui
met au monde l'Éternel
Et la terre offre une grotte
à l'Inaccessible.
Les anges et les pasteurs
le louent
Et les mages avec l'étoile
s'avancent,
Car tu es né pour nous,
Petit Enfant, Dieu éternel !

La Nativité, c'est la manifestation éclatante de l'immense amour de notre Dieu, mais cette manifestation ne peut être accessible qu'aux cœurs simples et pauvres qui ne sont encombrés ni de leurs biens, ni d'eux-mêmes. Le Catéchisme de l'Église catholique, au numéro 526, apporte le commentaire suivant : " DEVENIR ENFANT " par rapport à Dieu est la condition pour entrer dans le Royaume; pour cela il faut s'abaisser, devenir petit; plus encore : il faut " naître d'en haut " (Jn 3, 7), " naître de Dieu " (Jn 1, 13) pour " devenir enfants de Dieu " (Jn 1, 12). " Nous sommes invités, dans la pauvreté et l'humilité du cœur, à participer à la vie de Jésus, en l'accueillant parmi nous et en nous. Le mystère de Noël s'accomplit chaque fois que le Christ s'incarne en nous. Saint Paul avait bien compris cette réalité quand il dit aux Galates : " … vous que j'enfante à nouveau dans la douleur, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous. " (4, 19)

La Bible nous enseigne qu'il faut naître sans cesse et à tout instant. Tout au long de notre vie, nous en ferons l'expérience douloureuse et joyeuse, jusqu'à ce que la mort nous fasse naître à jamais en Dieu. Jésus dit à Nicodème : " … à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu " (Jn 3, 3). Par cette renaissance, nous deviendrons ce à quoi Dieu nous appelle à devenir : des fils et des filles bien-aimés du Père; nous pourrons voir le Royaume car le Royaume de Dieu est déjà en nous, au milieu de nous. Ce règne, c'est Jésus lui-même. Aujourd'hui, le Royaume n'est-il pas encore et toujours au milieu de nous ? Ne se trouve-t-il pas en germe partout où l'on attend son Jour, où l'on traduit sa foi et son espérance en amour ? Le sens du Royaume de Dieu, en effet, c'est que Dieu règne en nous. Dans notre cheminement spirituel, la renaissance est constamment nécessaire pour que nous devenions toujours davantage images, icônes de Dieu.

À Noël, c'est sous la forme d'un enfant que Dieu vient dans notre monde. Il est né du sein d'une femme, faible et démuni comme tout enfant : " Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. " (Lc 2, 7) Le P. Raniero Cantalamessa dit : " La grande chose arrivée à Nazareth, après la salutation de l'ange, c'est que Marie a cru et qu'ainsi elle est devenue la Mère du Seigneur. Sans aucun doute le mot a cru se rapporte à la réponse de Marie : " Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit. " (Lc 1, 38 " (Marie, Un miroir pour l'Église, p. 46)

Ce qui fait la grandeur de Marie, humble femme de Nazareth, c'est sa foi qui s'exprime dans une adhésion ferme à la Parole de Dieu. Dans le nuit de Bethléem, par cette foi, Marie est devenue la Mère de l'Emmanuel; le Dieu-avec-nous entre dans notre humanité. L'Église, tout comme Marie sa Mère, doit adhérer à la Parole de Dieu. À travers la liturgie, la proclamation de la Parole et les sacrements, elle doit s'efforcer sans cesse à mieux exprimer ce qu'elle croit afin qu'en soit touché le cœur de ses fils et de ses filles.

" Les paroles d'Élisabeth - " Bienheureuse celle qui a cru " - nous montrent comment dans l'Évangile la maternité divine de Marie n'est pas seulement comprise comme une maternité physique, mais beaucoup plus comme une maternité spirituelle, fondée sur la foi. C'est bien aussi la pensée de saint Augustin quand il écrit : " La Vierge Marie enfanta en croyant ce qu'elle avait conçu en croyant… Après que l'ange eut parlé, elle, pleine de foi, concevant le Christ dans son cœur avant que de le concevoir dans son sein, répondit : " Me voici, je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole ". À la plénitude de grâce de la part de Dieu, correspond la plénitude de foi de la part de Marie. " (R. Cantalamessa, Marie, Un miroir pour l'Église, p. 48)

La contemplation de la foi de Marie nous incite d'abord à renouveler notre acte de foi et d'abandon à la Parole. Marie a cru et la Parole, le Verbe, s'est incarné en elle. Pour que la Parole de Dieu devienne transformante dans notre vie, il faut y adhérer dans la foi et l'accueillir comme Bonne Nouvelle pour nous. Pour que la Parole soit agissante en nous, il faut, par la foi, la laisser manifester en nous toute sa vérité même si parfois cette vérité est difficile à entendre. Dans sa première épître aux Thessaloniciens, saint Paul, conscient de son efficacité, en remercie Dieu : " Voilà pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu de ce que, une fois reçue la Parole de Dieu que nous vous faisons entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais ce qu'elle est réellement, la parole de Dieu. Et cette parole reste active en vous les croyants. " (2, 13). Elle accomplit en nous ce qu'elle dit dès que, dans la simplicité du cœur, nous nous offrons à son action.

La Parole de Dieu est une parole d'amour. Par elle, Dieu se révèle à nous. Il entre en relation intime et amoureuse avec nous. Nous savons que l'amour possède cette puissance de renouveler, de transformer et d'éclairer le coeur qui s'ouvre à l'amour. La Parole, en s'en-racinant en nous, nous pénètre de la vie même de Dieu dont elle est porteuse. Athanase d'Alexandrie dit : " Dieu s'est fait porteur de la chair pour que l'homme puisse devenir porteur de l'Esprit. " Et l'Esprit, c'est la vie ! La Parole nous revêt de Jésus et en nous imprégnant peu à peu de ses sentiments : de son amour, de sa bonté, de sa force, de sa douceur, de sa patience…, elle nous fait d'autres " christs ", proches des petits, miséricor-dieux envers les pécheurs, consolateurs des affligés, porteurs de son Esprit.

Devant la crèche, dans la simplicité du cœur, laissons-nous transformer par Jésus, le Verbe de Dieu, accueillons la Parole de vie et proclamons :

" Le Verbe s'est fait chair,
et il a habité parmi nous.
Nous avons vu sa gloire. "
" Ce Jésus est Christ et Seigneur,
à la gloire de Dieu le Père ! "

Allons porter la Bonne Nouvelle : " Aujourd'hui, un Sauveur nous est né ! "

MONIQUE ANCTIL, r.s.r.
Responsable diocésaine

*      *      *

Jésus nous exhorte à devenir pareils aux petits enfants si nous voulons avoir
accès au Royaume (Mt 18, 3). Les enfants possèdent, entre autre, une grande capacité
d'étonnement et d'émerveillement; ils demeurent ouverts à la nouveauté, toujours curieux
et avides de découvrir et de faire de nouvelles expériences. Revenons à notre cœur d'enfant
afin d'être capables d'émerveillement face à ce grand mystère de l'Amour de notre Dieu
manifesté en JÉSUS présent au cœur de notre histoire.

Il a habité parmi nous !

L'évangile de Jean commence par un long poème, sans doute un des premiers hymnes de l'Église en l'honneur de Jésus. Ce texte, d'une grande densité, exalte Jésus comme Verbe ou Parole de Dieu. Le verset 14 nous livre une vision saisissante de la nature et de l'histoire du Sauveur :

Et le Verbe s'est fait chair,
Et Il a habité parmi nous,
Et nous avons vu Sa Gloire,
Gloire qu'Il tient de son Père
comme Fils Unique,
Plein de Grâce et de Vérité.
(Jn 1,14)

Ces lignes peuvent largement nourrir notre méditation du mystère de Noël. Riches de contenu et dépourvues de mièvrerie, elles nous mettent en contact avec cet événement incroyable et pourtant vrai : l'incarnation du Fils de Dieu. Elles nous introduisent à la personne la plus extraordinaire qui soit jamais entrée dans l'histoire des hommes : Jésus de Nazareth. Nous allons donc les relire, l'une à la suite de l'autre, et nous laisser instruire et émerveiller par elles.

" Et le Verbe s'est fait chair "

Le Verbe ou la Parole, désigne le Fils de Dieu, une réalité d'ordre spirituel qu'on ne peut voir ni toucher. Lorsqu'il s'incarne, il adopte la forme extérieure de l'homme par laquelle sa vie se manifeste, son activité se déploie. En se faisant chair, le Verbe devient une réalité tangible pour ceux qu'il vient sauver; " l'esprit ", par contre, au sens d'ombre ou de fantôme, " n'a ni chair, ni os " (Lc 24,39). En tête de sa première lettre, Jean revient et insiste là-dessus : " Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie; -- car la Vie s'est manifestée : nous l'avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue - ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. " (1 Jn 1, 1-3)

Quand on lit cette affirmation avec une mentalité grecque, on accentue la distance entre le " Verbe " et la " chair "; on voyait même une opposition telle entre eux que certains iront jusqu'à croire que le Verbe avait " fait semblant " de s'enfouir dans la chair, ce principe immonde. Or dans le monde biblique, le terme " chair " désigne l'être humain tout simplement sans ces connotations péjoratives qui viendront avec ces hérésies que furent la gnose et le manichéisme. On peut tout de même en retenir que le Très-Haut se fit alors le Très-Bas. Lui, éternel, devient fragile et vulnérable, faible et mortel; saint Paul l'exprimera ainsi : " Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave, en devenant semblable aux hommes. " (Ph 2,6-7)

Il a habité parmi nous

La présence de Dieu dans la nuée lors de la marche au désert, sur l'arche de l'Alliance ou dans le Temple de Jérusalem, fut le privilège le plus extraordinaire dont bénéficia le peuple élu. Il avait cette assurance : "Dieu-est-avec-nous". Mais ce genre de présence engendra une présomp-tion qui s'avéra souvent déplorable : même s'il apportait l'arche sur le champ de bataille, le peuple pécheur subit de cuisantes défaites. Quand Jésus vient, les draperies de la tente de réunion et les fastes du Temple cèdent la place à la pauvreté de la grotte de Bethléem, à l'humble maison de Nazareth et au dénuement de la croix… Depuis son Ascension, il demeure présent par sa Parole et son Esprit, dans les pauvres et les petits, dans les sacrements et avec ses disciples rassemblés en prière. Ne l'a-t-il pas promis : " Je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde " (Mt 28,20).

Nous avons vu sa gloire

" Nous avons vu de nos yeux ", insiste Jean au début de sa première lettre. Il entend désigner ici non seulement une vision de foi, mais un voir physique. D'ailleurs son témoignage n'a rien d'unique ou de personnel; il traduit l'expérience de l'ensemble des Apôtres qui, selon les mots de Pierre, " nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean jusqu'au jour où il nous fut enlevé " (Ac 1,21-22). Car le témoignage de plusieurs pèse davantage que celui d'un seul.

Par Gloire, on désigne la forme sous laquelle apparaît la divinité. L'essence même de Dieu, c'est sa sainteté, sa supériorité sur tout le reste et son caractère tout autre. Sainteté et divinité sont synonymes. Dieu manifeste la sainteté de son Être par sa Gloire dont l'éclat resplendit dans la création, dans la conduite du monde, et plus spécialement dans l'histoire de son peuple. Jean et ses compagnons ont vu chez Jésus la gloire des miracles, celle de sa connaissance des coeurs, celle de son extraordinaire bonté et du pouvoir de pardonner. Ils peuvent encore évoquer la gloire de la Transfiguration, de la Résurrection, de l'Ascension, du don de l'Esprit, de la conversion de nombreux juifs et de l'extension de la foi chez les païens. Cette gloire s'est montrée dans les événements de la vie de Jésus, spécialement vers la fin et au début de la prédication des Apôtres.

Gloire qu'il tient de son Père comme Fils Unique

La manifestation de la Gloire pousse saint Jean à conclure : Jésus est le Fils Unique. En effet, Gloire et Fils Unique ne peuvent venir que du Père, source de tout Bien, tant de la lumière divine que de la Parole de Salut. Pareille manifestation de Gloire, un privilège insigne, ne peut appartenir qu'à Celui qui détient le titre de Fils Unique du Père. Ce titre ne se lit que chez saint Jean. Les autres évangélistes, lors du Baptême ou de la Transfiguration de Jésus, le désignent comme " le Fils Bien-Aimé ", une expression qui ne comporte pas une attestation claire et nette de la filiation divine au sens strict. A preuve, même si les témoins de ces événements ont alors perçu une situation hors pair de Jésus vis-à-vis de Dieu, ils n'en ont pas déduit qu'il était vraiment Fils de Dieu. Seul Jean approfondit son expérience avec Jésus jusqu'à pouvoir attester : Jésus est le Fils Unique de Dieu, Fils étant entendu dans son sens le plus plein et le plus exclusif.

Jésus, comme Fils Unique, n'a pas de semblable dans l'ensemble des privilégiés de Dieu. Il n'est pas fils comme l'ont été les rois et les juges d'Israël. Il l'est tout autrement et de manière unique : puisqu'il accueille toute la fécondité de Dieu, la Paternité divine le rend semblable à Dieu, égal à Dieu. Voilà ce que confesseront les Pères du concile de Nicée dans le Credo qu'on reprend à la messe dominicale : seul le Fils est " engendré, non pas créé, de même nature que le Père ". Dans l'entretien avec Nicodème, Jésus affirmera : " Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle " (Jn 3,16). Livré à la mort, ce Fils Unique incarne et révèle l'amour infini du Père pour l'humanité.

Plein de Grâce et de Vérité

Dans les livres de l'Ancien Testa-ment, on réserve à Dieu ce qualificatif. On le trouve lors du face-à-face où Moïse sur le Sinaï reçoit les tables de la Loi : " Le Seigneur, le Seigneur, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de grâce et de vérité, qui reste fidèle à des milliers de générations "… (Ex 34,6-7) Le terme " grâce " désignait l'attachement de Dieu pour le peuple qu'il s'était choisi, son amour et sa miséricorde. Celui de " vérité " exprime la fidélité du Seigneur à ce peuple avec lequel il fait alliance. L'histoire du Salut révèle comment, au fil des siècles, cette entente fut régulièrement trahie du côté humain alors que la partie divine se montrait d'une fidélité sans faille.

Rempli de telles qualités, Jésus apparaît vraiment dans sa divinité, comme égal au Père. Il affirmera lui-même cette ressemblance parfaite dans sa réponse à Philippe intéressé à ce qu'on lui montre le Père : " Qui m'a vu a vu le Père " (Jn 14,9). Dans la personne de Jésus, l'Amour divin ne se manifeste plus seulement dans un message ou un secours ponctuel, mais il devient réalité concrète et tangible. Doux et humble de coeur, il donne à voir la miséricorde quand il s'émeut devant les malades qui viennent à lui, devant la foule épuisée et affamée qui l'a suivi et surtout quand il pardonne à ses bourreaux : " Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23,24). Image parfaite de la fidélité divine, il s'applique à réaliser en tous points et jusqu'à son dernier souffle l'oeuvre de Dieu telle qu'annoncée dans la Loi et les prophètes : " Tout est accompli " (Jn 19,30).

*      *      *

Saint Jean nous livre de quoi nourrir une longue et riche méditation devant la crèche. Laissons-nous émerveiller par ce Dieu grand, Lumière née de la Lumière, qui se fait si petit et fragile qu'il a besoin du souffle des bêtes pour se réchauffer, du lait de Marie pour se nourrir et du bâton de Joseph pour se protéger. Adorons-le dans son abaissement et son humble condition. Affinons notre foi en ce Dieu-Amour qui siège maintenant en gloire à la droite du Père et qui reviendra au terme de l'histoire pour juger les vivants et les morts.

Jésus, bonne fête !
À vous toutes et tous,
joyeux Noël !

Paul-Émile Vignola, prêtre.
Répondant diocésain.

Le charisme des langues

Le charisme des langues nous est donné afin de prier comme Jésus. Parler, prier, chanter en langues apparaît comme le trait le plus typique du Renouveau Charismatique.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul traite longuement de l'usage du don des langues. Selon l'apôtre, le parler en langues est avant tout une manière de prier, qui ne s'adresse pas aux hommes car le langage est incompréhensible, mais à Dieu. "Celui qui parle en langue s'édifie lui-même." Les Corinthiens pensent donc utiliser ce don pour croître dans la vie de prière personnelle et Paul les y encourage. La plupart du temps, le parler en langues n'a pas besoin d'être interprété, ce n'est pas une langue à traduire. Parler en langues , c'est s'adresser à Dieu et les autres n'ont pas raison de savoir ce que je dis, d'ailleurs, je ne le sais pas moi-même. Mais dans une assemblée il est nécessaire que les auditeurs comprennent, et pour cette raison Paul demande que, dans la prière publique, le charisme du parler en langues soit accompagné du don d'interprétation. Dans ce cas, l'assemblée est construite et " tout se passe pour l'édification commune".

Ce charisme ne consiste pas à parler des langues étrangères qu'on utiliserait sans les avoir apprises. Il n'est pas non plus le produit de l'extase, car dans l'exercice de ce charisme, on peut commencer et s'arrêter librement.

L'Effusion de l'Esprit et le charisme des langues

Chez les Pentecôtistes, le parler en langues est lié au Baptême dans l'Esprit. Il est le signe qu'on a vraiment reçu l'Effusion de l'Esprit. Ce lien n'est pas retenu chez les catholiques, encore que dans la pratique, on valorise ce don comme lié à l'expérience charismatique. "Lorsque Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit Saint vint sur eux et ils se mirent à parler en langues".

Sans aucun doute, on peut être rempli de l'Esprit Saint sans que se manifeste le signe concret des langues. Et pourtant, là où se produit une rencontre décisive et confiante avec l'Esprit du Seigneur, on voit apparaître le don des langues, sinon comme une preuve du moins comme une "conséquence" dans notre vie. Le don des langues qu'on observe dans le Renouveau charismatique s'identifie à ce dont parle saint Paul. Il est resté bien vivant tout au long de l'histoire de l'Église et à travers des individus isolés (v.g. mystiques). Il a éclaté avec le mouvement pentecôtiste.

Comment ça commence?

C'est souvent à l'oc-casion de l'Effusion de l'Esprit que l'on reçoit le don des langues. Pour beaucoup de gens, parler en langues pour la première fois oblige à surmonter une résistance naturelle, à relâcher le contrôle person-nel sur les sons émis en parlant. Il peut exister, surtout chez les personnes qui ont tendance à se contrôler très fortement, une difficulté à abandonner le contrôle de son propre discours. Se mettre à parler, sans savoir quel espèce de sons va sortir, ou en sachant à quel point cela va paraître ridicule, repré-sente une sorte de marche à l'aveuglette. Pour toutes ces raisons, avant de se jeter à l'eau, et de se mettre à parler en langues pour de bon, il faut avoir un fort désir de le faire.

Bien souvent, quand une personne commence à parler en langues, cela im-plique une œuvre authen-tique de la grâce divine. Le fait de lâcher les commandes, de céder aux langues peut être vraiment symbolique d'un abandon beaucoup plus profond au Seigneur. Cela peut représenter la percée nécessaire pour qu'une personne remette entièrement sa vie à Dieu, i.e. accueille la Seigneurie de Dieu sur sa vie. Être prêt à se faire ridiculiser peut traduire une volonté de conversion, une acceptation de transformation qu'apportera dans l'existence cette nouvelle Effusion de l'Esprit.

Message en langues

Le message en langues est une forme de prophétie. Pourquoi Dieu veut-il passer par ce détour de mobiliser deux prophètes pour se faire entendre?

Commencer par parler en langues crée une atmosphère d'écoute intérieure et d'attente de la parole du Seigneur. C'est une alerte adressée aux prophètes d'être prêts à recevoir une inspiration sur ce que le Seigneur veut dire au groupe. C'est également une alerte à tous les membres du groupe d'être prêts à écouter ce que le Seigneur va nous dire. En clair, tout message en langues revient pratiquement à ceci : " Je pense que le Seigneur a quelque chose à nous dire maintenant mais je ne sais pas quoi. Prêtons l'oreille à sa parole."

A quoi cela sert-il de parler en langues?

Parler en langues, c'est exprimer l'inexprimable. C'est le moment où l'insuffisance des mots se révèle pour louer le Seigneur. C'est laisser l'Esprit Saint prier en nous à travers nos lèvres et notre bouche. L'Esprit supplée à notre incapacité d'aimer et de compatir en nous donnant de communiquer cœur à cœur. La prière qui jaillit en langues n'est plus formule de l'intelligence mais cri du cœur.

La prière en langues est utile pour la guérison. Prier en langues, c'est un signe qui accompagne la foi en la promesse de Jésus : "Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru; par mon Nom, ils chasseront les démons, ils parleront en langues…ils imposeront les mains aux malades et ils seront guéris." La puissance de la prière est sans limite pour le croyant. "Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez".

La prière au nom et pour une autre personne est donc un des nombreux usages ou des buts du don des langues. Cependant l'utilité fondamentale, es-sentielle de ce don est la louange. "Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes, mais à Dieu; personne, en effet , ne le comprend, il dit en esprit des choses mystérieuses" (1Co,14,2) La nature de la prière en langues est d'être une réponse aimante aux merveilles et à la gloire de Dieu, qui, dans sa générosité infinie, nous donne non seulement son Fils, son amour, sa vie, mais les mots mêmes avec lesquels nous le remer-cions. "Car c'est du trop-plein du cœur que la bouche parle" (Mt. 12,34). La louange spontanée du Seigneur, débordante, par-tant du cœur, simplement pour le remercier d'être ce qu'il est ne nous était pas facile avant le baptême dans l'Esprit.

Prier en langues peut sembler une folie. Cela peut sembler ridicule. Mais il faut peut être que, comme saint Paul, nous soyons prêts à être des "fous " pour le Christ.

Noëlla Dubé-Proulx.

Le comité diocésain

Je suis heureuse de vous présenter les membres du comité diocésain, délégués et adjoints.

Responsable diocésaine

Monique Anctil, r.s.r.

Répondant diocésain

Paul-Émile Vignola, ptre.

Membres cooptés

Noëlla Dubé-Proulx
Loyola Pelletier, s.c.

Région de Matane

Olivette et Charles-Émile Ouellet, délégués
Thérèse et Robert Ouellet, adjoints

Région de Mont-Joli

Margot Lemieux, déléguée

Région de Rimouski Est

Ghislaine Lagacé-Ouellet, déléguée
Rachel Dubé et Jean-Yves Fournier, adjoints

Région de Rimouski Ouest

Adrienne Blanchet, déléguée
Clairina Charette, adjointe

Région du Témiscouata

Pierrette Caron, déléguée
Ghislaine et Louis-Philippe Pelletier, adjoints

Région de Trois-Pistoles

Almosa et Rodrigue Boucher, délégués
Alice Leroux-Dugas, adjointe

Région de la Vallée-de-la-Matapédia

Aline et Marcel Brochu, délégués


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